La Fièvre des échecs
Shakhmatnaya goryachka
01 / Synopsis
L’histoire
Moscou 1925 : une ville entière attrapée par la fièvre des échecs, et le champion du monde Capablanca en personne. Vingt-huit minutes de burlesque muet.
L'histoire
Un jeune homme doit se marier. Il ne pense qu'aux échecs. Sa fiancée l'attend en robe blanche, il arrive avec deux heures de retard parce qu'il rejouait une partie dans sa tête, et la rupture est consommée avant la fin de la première bobine. Elle traverse alors une ville devenue folle : le pharmacien joue, l'agent de police joue, les gamins jouent dans la neige, les mouchoirs et les pastilles sont à damier. Décidée à en finir, elle se traîne vers la Moskova gelée, rate son suicide et tombe sur le seul Moscovite qui déteste les échecs. Lequel se trouve être Capablanca, qui la convertit en trois minutes.
Le rôle des échecs
Ils sont le sujet, la mise en scène et le gag. Poudovkine filme Moscou comme un immense échiquier : les carrelages, les pavés, les vêtements, les trottoirs, tout se met à alterner le noir et le blanc jusqu'à ce que la ville elle-même ressemble à une position en cours. C'est un film sur une obsession collective, tourné à chaud, pendant que l'obsession avait vraiment lieu.
Pourquoi c'est une curiosité
Parce que Poudovkine a profité du tournoi international de Moscou 1925 pour voler de vraies images documentaires des plus grands joueurs du monde, puis les a montées dans une fiction burlesque écrite autour. Capablanca, champion du monde en titre, y apparaît réellement et joue son propre rôle, filmé dans le hall de l'hôtel. On aperçoit aussi Frank Marshall, Richard Réti et Carlos Torre. C'est le premier film de Poudovkine, un exercice de montage qui annonce Le Mécanisme du cerveau et La Mère, et un document unique sur l'échecs-mania soviétique des années 1920.
Qui joue dedans
Vladimir Fogel, grande figure comique du muet soviétique, en fiancé incapable de décrocher, et Anna Zemtsova en promise abandonnée. Autour d'eux, une galerie de silhouettes dont Anatoli Ktorov et le futur réalisateur Boris Barnet. Et surtout José Raúl Capablanca, dans une apparition qui vaut à elle seule le détour.
Où le voir
Aucune plateforme française ne le propose en catalogue. Le film étant tombé dans le domaine public, il circule librement en ligne, notamment sur les archives de cinéma muet, dans plusieurs restaurations de qualité variable et avec des accompagnements musicaux différents selon les copies.
02 / Casting
Distribution 7
- Réalisation
- Vsevolod Poudovkine, Nikolaï Chpikovski
- Autre
- José Raúl Capablanca